Magazine 64 - N°55

Marcel Arbiza

Capitaine du « Babeslea »

Une  journée avec

L’enfant de Socoa pilote le bateau du Conseil général dont la mission est d’entretenir le port de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure. Entre mouillage de blocs et dragage, embarquement pour une journée de travaux sur la digue de l’Artha.

Dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, le Babeslea glisse vers la digue de l’Artha qui barre l’horizon. Les marins du Conseil général vont y débarquer hommes et matériel. Programme de la journée : creuser une saignée. Elle accueillera le nouveau câble électrique alimentant les capteurs enfouis dans la digue et chargés de mesurer les déformations que subit la construction centenaire sous la force des vagues. On n’imagine pas ce que peut soulever un océan. Les marins luziens, eux, le savent trop bien. En 2010, année de terrible tempête, la mer a propulsé pardessus la digue un de ces cubes de béton de 50 tonnes qui renforcent la digue.

« Toujours rester vigilant »

Le Babeslea a été spécialement conçu pour ça : le mouillage de blocs. Chaque été, c’est lui qui vient avec sa grue réajuster les masses qui ont bougé et rajouter une trentaine de blocs coulés dans les chantiers du Conseil général à Socoa. Un travail de Titan. « C’est un très beau bateau dont la polyvalence nous permet aussi tout au long de l’année de draguer le port et de travailler sur la digue » précise le capitaine Marcel Arbiza. Debout dans la cabine de pilotage dernier cri, il pousse les commandes des deux moteurs indépendants de 140 chevaux pour venir accoster la digue. Une légère houle provoque un effet de tangage. La mini-pelle mécanique, équipée d’un brise roche, se balance au bras de la grue du Babeslea avant de se poser en douceur sur la digue. Le capitaine a les yeux rivés sur ses hommes. « Je n’ai pas besoin de crier. On a l’habitude de travailler ensemble et ils savent ce qu’ils ont à faire. Mais il faut toujours rester vigilant » dit-il calmement. Comme la pelote basque qu’il pratique, le métier de marin demande d’abord de la précision. C’est elle qui décuple la puissance. Après le travail, le vélo est aussi un plaisir qu’il partage avec collègues et amis. Une autre école où il faut savoir endurer. La mer impose le geste juste et le courage. La solidarité aussi. Ce n’est pas leur mission première mais, sur la digue, Marcel Arbiza et ses hommes donnent la main aux maçons et charpentiers départementaux qui creusent le béton au marteau-piqueur. Comme Marcel Arbiza, les marins du Conseil général sont passés par les années rugueuses de la pêche. Ils ont connu les jours et les nuits en mer, parfois sans salaire. « Nous sommes tous fils de marins et on a ça dans le sang. Ce qu’on aime, c’est être sur l’eau. » Aujourd’hui, ils sont les artisans du bon entretien du port de Saint-Jean-de-Luz. Babeslea, en basque, veut dire le protecteur. On ne pouvait mieux choisir. 

En bref

1961. Naissance à Ciboure, hameau de Socoa, dans une famille de pêcheurs.
1983. Marin pêcheur. Pêche au thon traditionnelle.
1988. Ouvrier du bâtiment dans la maçonnerie.
2000. Entre au Conseil général comme marin.
2005. Intègre l’école maritime pour devenir capitaine.
2010. Capitaine du « Rhune II».
2011. Capitaine du « Babeslea ».

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