Magazine 64 - N°56

Luc Bernigolle

Technicien rivières

Une  journée avec

Niveau des nappes phréatiques, pollutions éventuelles, évolution du lit des rivières : le pôle Eau et Littoral du Conseil général garde en permanence un oeil rivé sur les ressources en eau du département.

Penché sur la rambarde du pont, Luc Bernigolle remonte au bout d’une corde un seau d’eau puisé dans le courant du Luy-de-Béarn. Nous sommes à Mazerolles, au nord-ouest de Pau. « Nous effectuons en moyenne six prélèvements par an sur les cours d’eau et les nappes phréatiques du département » explique le technicien du pôle Eau et littoral du Conseil général. Ces relevés permettent de dresser un tableau annuel complet de la qualité des eaux, en termes de pollution mais aussi d’étiage.

Une assistance à maîtrise d’ouvrage

À l’arrière du 4 x 4 garé sur un chemin boueux, Pierre Blimo, technicien préleveur, plonge une sonde électronique dans le seau. Il saisit sur un ordinateur portable les premières données que lui livre l’appareil de contrôle : température, conductivité, acidité, taux de saturation en oxygène. « Ici, nous pouvons par exemple mesurer l’activité du bassin industriel et agricole qui se trouve en amont, ainsi que les rejets d’une station d’épuration qui couvre une population de 20 000 habitants » illustre Luc Bernigolle. Rien à signaler. Les échantillons prélevés dans la rivière, soigneusement répertoriés et conservés à température dans une glacière, seront ensuite analysés en détail au laboratoire des Pyrénées, à Lagor. Changement de secteur. Du côté d’Assat, le véhicule technique du Conseil général s’enfonce maintenant sur un chemin à travers bois. Il surgit sur une rive herbeuse du gave de Pau. À une trentaine de mètres du bord, un tube métallique d’une vingtaine de centimètres de diamètre émerge du sol. Pierre Blimo soulève le capot. Un capteur, placé en permanence dans ce forage, enregistre deux fois par jour le niveau de l’eau. « Ces mesures nous indiquent comment la nappe phréatique se recharge après une période d’étiage sévère. Pour cette saison, le niveau est exceptionnellement bon » juge Pierre Blimo. Sur la berge, Luc Bernigolle inspecte l’un des douze seuils de béton que l’on trouve sur le gave de Pau. « Cet ouvrage stabilise le fond du lit et permet d’éviter une érosion régressive due aux anciennes extractions de granulats. Pour ne pas faire obstacle à la circulation des poissons, il est équipé d’une passe qui permet à ces derniers de circuler librement. Sans seuil, le pont de Nay serait suspendu à une quinzaine de mètres au-dessus du gave » pointe le technicien en souriant. Cette expertise est l’autre mission du service « rivières » du Conseil général : apporter aux communes une assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’aménagement des cours d’eau, notamment contre les risques d’inondation

En bref

4 500 km de rivières

Les Pyrénées-Atlantiques comptent 4 500 km de cours d’eau, soit autant que le réseau des routes départementales. Si l’on y ajoute les tout petits affluents, ce chiffre s’élève à 10 000 km.

Bouton Haut de page