Magazine 64 - N°59

Élodie Himeur

Animatrice à la Rhune

Une  journée avec

Après avoir commenté le voyage vers le sommet, elle fait pétiller les yeux des enfants en leur proposant une très sérieuse initiation à la survie en milieu naturel.

Le départ est ponctué d’un « oh ! » de surprise des voyageurs. Il est 8 h 30 et le train de la Rhune vient de démarrer dans une secousse. Les voitures de bois vernis portent le millésime 1924. Le mécanisme à crémaillère, qui permet de hisser le convoi au sommet, est de la même époque. Qu’on se rassure : « Des contrôles sont régulièrement effectués sur chaque pièce grâce à des systèmes à ultrasons et par magnétoscopie », explique Élodie Himeur. Postée à l’avant du train et micro en main, l’animatrice commente la montée. Au loin, sur la droite, l’océan semble s’incliner dans le cadre des fenêtres ouvertes.

Plantes carnivores et sorcières brûlées

Les 120 passagers qui ont pris place dans la voiture dodelinent de la tête. Dans les haut-parleurs, la voie d’Élodie Himeur commente, comme dans un film, les scènes qui défilent lentement. On voyage au temps des batailles napoléoniennes, puis on frissonne à l'évocation des bûchers sur lesquels périrent, au XVIIe siècle, des « sorcières » accusées de sabbat. Élodie Himeur raconte les cache-cache entre douaniers et contrebandiers, détaille le biotope des Trois- Fontaines où poussent des plantes carnivores. Diplômée en gestion et protection de la nature, la jeune femme partage sa journée de travail entre animations auprès du public, tâches administratives et assistance commerciale. Une demi-heure plus tard, au sommet de la Rhune balayé par les vents, une dizaine d’enfants s’agglutine autour d’Élodie Himeur. Un sac à dos est renversé au sol : boussole, carte, couteau, lampe de poche… Sous forme de questions et de petits jeux, l’animatrice initie les plus jeunes à la survie en montagne. Devant son jeune auditoire, elle réalise l’expérience de l’eau boueuse purifiée par un filtre de chiffon. « Si vous cueillez des mûres ou des myrtilles, pensez à taper le buisson avec un bâton pour éloigner les serpents » rappelle-telle. Elle leur apprend à distinguer les cumulonimbus annonciateurs d’orage, décode les subtilités d’une carte de l’IGN ou détaille les différents fléchages des chemins de randonnée. Les enfants ont le sourire aux lèvres et la séance se conclut par un touchant bisou d’adieu. Le courant est passé. « Chaque jour, on voit malheureusement des personnes qui montent à pied sans eau, sans chaussures adaptées ou sans vêtement chaud alors qu’il peut faire très froid au sommet ! C’est pourquoi il est toujours bon de sensibiliser chacun aux règles élémentaires de sécurité en milieu naturel. »

En bref

Le premier site du département

Ouvert de mi-février à mi-novembre, le site de la Rhune est le plus visité des Pyrénées-Atlantiques. Chaque année, le petit train transporte près de 350 000 personnes, avec une moyenne de 3 800 voyageurs par jour durant l’été. L’Établissement public des stations d’altitude (Epsa) en assure la gestion pour le compte du Conseil général. Il y emploie 23 salariés permanents et un total de 49 personnes durant l’été.

 

 

 

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