Magazine 64 - N°70

Claire Prugue

Infirmière évaluatrice

Elle se rend auprès de personnes âgées qui demandent à bénéficier de l’allocation personnalisée d’autonomie et leur propose un plan d’aide adapté à leur maintien à domicile.

Le téléphone sonne. Il est 8 h 30. « Les personnes âgées sont souvent très matinales. Elles ont besoin de contact, alors je les écoute, je leur parle. » Dans un bureau du pôle gérontologique de Pau, service du conseil départemental installé rue Jean-Jacques de Monaix, Claire Prugue répond aux appels de bénéficiaires ou demandeurs de l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa).

L’essentiel du travail de cette infirmière est pourtant ailleurs : évaluer le degré de dépendance de ces personnes pour déterminer l’aide qui leur sera accordée. 9 h 30. Claire Prugue file en voiture en direction d’un village de la périphérie paloise.

Première visite de la journée. Jeanne*, 94 ans, vient de déposer une demande d’Apa. À la suite d’une récente intervention chirurgicale, elle ne peut pratiquement plus marcher. Une infirmière intervient matin et soir pour sa toilette, l’habillage et la prise des médicaments. Une aide à domicile prépare ses repas, assure le ménage. Assise au bord du lit, Claire Prugue lui explique comment l’Apa lui permettra de participer à ces frais. Elle s’enquiert des journées de Jeanne. Les mains se touchent, on échange des sourires.


Retour au pôle, puis pause déjeuner avec les collègues. Ici, pas de cantine, chacun apporte sa gamelle. L’entente est profonde, l’attachement au métier partagé. « Venir au travail est toujours un plaisir », lance Claire Prugue, sincère.


14 heures. Visite en ville. « Mais je n’ai pas besoin de vous, je ne veux pas d’aide ! », s’exclame Paulette, 89 ans, déjà allocataire de l’Apa. Souffrant de la maladie d’Alzheimer, elle vit chez son fils et sa belle-fille qui assurent une présence permanente à ses côtés. Trois fois par semaine, elle bénéficie d’un accueil de jour, à l’Ehpad L’Esquirette. Elle va au « centre aéré », comme elle dit.

Ce répit est devenu insuffisant pour sa famille. Claire Prugue établit un nouveau plan d’aide qui intégrera d’autres solutions de répit. La famille pourra souffler un peu. « On ne devrait pas mourir », murmure Paulette en souriant. Milieu d’après-midi, nord de Pau. Bajram, d’origine kosovare, a travaillé pendant 40 ans à Paris. Un AVC l’a cloué au lit il y a deux ans. Bajram parle peu à l’évaluatrice. Il pleure souvent. Il vit avec femme, enfants, leurs conjoints et les petits-enfants. L’un de ses fils sert d’interlocuteur. D’une voix douce, Claire Prugue questionne sans cesse, démêle les fils, propose des solutions. Elle laissera le temps de la réflexion à la famille. Fin de journée. Claire Prugue retrouve son bureau.

Au-delà des évaluations, « il faut aussi « dépatouiller » des cas, contacter des organismes ou établissements, des partenaires, aider dans les démarches… et prendre de nouveaux rendez-vous. »

En bref

BIEN CHOISIR SON ÉTABLISSEMENT

Trouver la maison de retraite adaptée à ses besoins devient plus facile. Sur Internet, la plate-forme Via Trajectoire Grand Age permet aux familles d’accéder à l’ensemble des informations concernant tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en Aquitaine.

Localisation, modes d’accueil, services et soins proposés, coûts et aides accessibles y sont notamment détaillés.

On peut également procéder à sa demande d’admission, en lien avec son médecin traitant.

www.viatrajectoire-aquitaine.fr

BIO EXPRESS

1975. Naissance à Saint- Malo.
1981. Arrivée à Pau.
1994. Bac médico-social au lycée de Lescar.
1997. Diplômée de l’école d’infirmières de Mont-de- Marsan.
2000. Infirmière à Lourdes.
2002. Premier remplacement au Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques. 2004. Admise au concours d’infirmière territoriale.
2005. Titularisée au poste d’infirmière du Conseil départemental.

Loi sur le vieillissement : l'APA revalorisée

La loi d’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur le 1er janvier et mise en oeuvre par les départements, vise à assurer la plus grande autonomie possible aux personnes âgées.

Elle facilite notamment l’adaptation des logements et renforce les services à la personne. Le développement du maintien à domicile en est l’une des clés principales. Par ailleurs, l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa) à domicile est revalorisée.

La majorité des bénéficiaires verra son reste à charger diminuer, en fonction de ses ressources.

Quelque 8 500 personnes reçoivent l’Apa dans les Pyrénées-Atlantiques.

www.social-sante.gouv.fr

Des droits pour les aidants familiaux

Les aidants familiaux font le choix de rester auprès d’un proche lorsque ce dernier est confronté à une perte d’autonomie : âge, maladie, handicap.

La loi instaure désormais un droit au répit pour ces aidants en leur accordant, après évaluation, une enveloppe annuelle pouvant atteindre 500 euros.

Cette somme est destinée à financer un hébergement temporaire, un accueil de jour ou un renforcement des services à domicile de la personne aidée.

Le Département des Pyrénées-Atlantiques avait anticipé cette loi en élargissant les dispositifs de répit en famille d’accueil ou en établissement, notamment en zone transfrontalière.

Il organise également des temps d’écoute et d’accompagnement des aidants.

Bouton Haut de page