Présence médicale : présentation du dispositif départemental

La désertification médicale est une préoccupation importante des territoires et constitue une des priorités du Projet régional de santé Nouvelle-Aquitaine 2018-2028, en conformité avec le projet de loi de transformation du système de santé. Le Schéma Départemental d’Amélioration de l’Accessibilité des Services au Public (SDAASP), arrêté en décembre 2017 par le Préfet, met en avant cette problématique.

Le Département, chef de file des solidarités territoriales, a décidé, en copilotage avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), de lancer un large travail sur ce problème.

Ainsi, plus de 50 acteurs du sujet (collectivités, ordre des médecins, syndicats de médecins...) se sont retrouvés pour chercher des solutions concrètes pour les habitants des Pyrénées-Atlantiques. Après une année d’expérimentation sur deux territoires fortement impactés par cette problématique, les résultats sont là. Deux médecins supplémentaires s’installeront en 2019 à Garlin et à Lembeye.

La présence médicale : des enjeux locaux et nationaux

La crise de vocation des médecins généralistes, le numérus clausus, le vieillissement des professionnels de santé, couplé au vieillissement de la population générant alors une demande médicale de plus en plus importante, sont autant d’éléments entraînant des disparités territoriales et sanitaires fortes. Face à l’inégalité des situations relatives aux soins de premiers recours, des dispositions sont prises, localement et nationalement, visant à lutter contre la désertification médicale, notamment dans les territoires les plus fragiles.


Plusieurs plans gouvernementaux, tels que « Renforcer l’accès territorial aux soins » ou encore le plan « Ma Santé 2022 », ont dernièrement été mis en place pour répondre à cette problématique. Ces plans laissent, entre autre, une place importante à l’innovation organisationnelle dans les territoires - ce qui constitue une nouveauté dans le cadre d’une compétence régalienne et ouvre la porte aux expérimentations locales en la matière.


Si le département des Pyrénées-Atlantiques apparaît bien doté en nombre de médecins généralistes (686), l’implantation géographique (concentration sur la côte basque et les pôles urbains) et l’âge des médecins généralistes installés (62,8 % ont plus de 50 ans) ne permettent pas de répondre aux besoins de santé des populations. Cette situation pose, à très court terme, un problème de renouvellement de ces professionnels de santé.


Conforté par le SDAASP, le Département des Pyrénées-Atlantiques a décidé de mener, en copilotage avec l’Agence Régionale de Santé, une politique volontariste autour du renouvellement des médecins généralistes, notamment dans les territoires vulnérables.


Seuls les bassins de vie de Garlin et de Lembeye sont identifiés territoires en situation de déprise et classés en Zones d’Interventions Prioritaires (ZIP) par l’Agence Régionale de Santé. À noter que, selon ce même zonage, tous les autres territoires du département sont  identifiés comme Zones d’Actions Complémentaires (ZAC), à l’exception du littoral de la côte basque et l’agglomération paloise.

Le Département et l’ARS impulsent et coordonnent une synergie d’acteurs pour stimuler l’innovation dans les territoires en matière de présence médicale

Partant de ces éléments contextuels, en lien étroit avec l’ARS, une convention tripartite a été signée entre le Département des Pyrénées-Atlantiques et les Communautés de communes des Luys en Béarn et du Nord Est Béarn visant à expérimenter, dans les bassins de vie de Garlin et de Lembeye, des solutions innovantes pour répondre à la problématique de la présence médicale dans ces territoires.

Cette expérimentation a permis de favoriser des pratiques innovantes dans le but de répondre aux besoins des patients et des professionnels de santé par la mise en place, notamment, de nouveaux modes de faire. L’objectif, in fine, est la transposition des conclusions de l’expérimentation à l’échelle départementale. Pour ce faire, les actions suivantes ont été menées :

-  un diagnostic partagé de l’offre de soins, avec pour objectif d’avoir la vision la plus complète de l’offre proposée dans les territoires et des besoins des patients,

-  la prise en compte, l’identification des difficultés et des attentes des médecins généralistes dans le but d’apporter des solutions simples visant à consolider l’offre de soins et améliorer les conditions d’exercices des professionnels de santé,

-  la construction d’un collectif d’acteurs, au fur et à mesure de l’avancée de l’expérimentation, pour répondre, de manière pragmatique et factuelle, aux problématiques rencontrées par les médecins généralistes et les territoires,

-  l’établissement de nouveaux modes de faire, se matérialisant notamment dans la gouvernance du projet : associer, au même niveau, élus départementaux et des territoires, représentants des services publics de santé, représentants des médecins généralistes et futurs médecins.

Ainsi, après un an d’expérimentation dans ces bassins de vie prioritaires, les objectifs sont atteints :

-  le bassin de vie de Garlin comptera quatre médecins généralistes courant 2019 (deux médecins généralistes au départ de l’expérimentation),

-  le bassin de Lembeye compte d’ores et déjà quatre médecins généralistes (deux médecins généralistes au départ de l’expérimentation).

De plus, l’expérimentation n’a pas seulement permis de répondre à l’urgence sanitaire et territoriale de ces deux bassins de vie, elle a aussi permis :

- de constituer un réseau collectif et partenarial soudé et investi, regroupant avant tout, les professionnels de santé ainsi que les acteurs de la santé et les territoires. C’est ce mode de gouvernance, associant l’ensemble des membres du collectif au même niveau de co-construction et de coresponsabilité, qui permet à chacun d’être garant de la réussite du projet.Chaque membre a son rôle, dans le cadre de ses propres compétences, prérogatives et moyens. Le Département se positionne, en co-pilotage avec l’ARS, en tant que coordonnateur et assemblier des forces vives, s’adaptant avec agilité aux changements des nouvelles pratiques des médecins généralistes, pour répondre aux besoins initiaux identifiés dans les territoires,

-  d’établir une méthode d’analyse, d’accompagnement, d’animation des professionnels de santé et des territoires transposable à l’échelle départementale,

-  de mettre à disposition une ingénierie stratégique départementale, complémentaire aux ingénieries opérationnelles des territoires, -  de définir une orientation politique unique, « Proposer un projet de vie professionnel et personnel au médecin généraliste », et un parti pris, « Proposer des solutions sur mesure ».


Dans chacune des étapes franchies au cours de l’expérimentation, les médecins généralistes, les professionnels et acteurs de la santé ont été associés et impliqués. C’est l’enseignement phare de l’expérimentation : créer les conditions humaines et relationnelles, afin de permettre aux professionnels et acteurs de la santé d’impulser des solutions innovantes matérialisées par la définition d’une boîte à outils « Présence médicale du 64 ».

Co-construction d’une nouvelle politique publique départementale en matière de présence médicale

Cette nouvelle politique publique s’appuie sur une stratégie partagée et co-construite par le réseau collectif et partenarial d’acteurs et de professionnels de la santé et des territoires autour :


-  d’un objectif commun : produire et penser ensemble les solutions adaptées de demain, de manière simple et pragmatique, au service d’une politique publique et d’un projet commun, dans le but de proposer des solutions sur mesure aux médecins généralistes et aux territoires,


-  de nouveaux modes de faire :

o des médecins au cœur de la démarche,

o  mettre l’humain et les spécificités des territoires au cœur de la démarche et laisser aux acteurs de territoire « le pouvoir d’agir ».

Cette politique publique se matérialise par la définition d’une boîte à outils « Présence médicale du 64 » se déclinant autour de :
-  trois ambitions, répondant à une mission d’intérêt général de service à la population :

o  anticiper le renouvellement des médecins généralistes dans les territoires déficitaires,

o  fédérer un collectif partenarial au service du projet, o  innover sur les nouveaux modes de faires entre collectivités et acteurs de la santé : du sur mesure pour les territoires.


-  un fil conducteur unique : proposer un projet de vie professionnel et personnel au médecin généraliste,


-  trois axes, sept mesures et treize fiches-actions :


Axe 1 - cadre de vie : favoriser l’aménagement et l’attractivité du territoire départemental

Mesure 1 :accueil de territoire

Fiche-Action 1 : démarchage des étudiants en médecine générale

Fiche-Action 2 : accueil des internes lors de leur affectation de stage dans le territoire des Pyrénées-Atlantiques

Fiche-Action 3 : accueil de la famille du médecin généraliste libéral s’installant en zone Mesure 2 : emploi du conjoint

Fiche-Action 4 : accompagnement du conjoint dans sa recherche d’emploi


Axe 2 - cadre d’exercice : optimiser les conditions d’exercices des professionnels de santé

Mesure 3 : exercice coordonné

Fiche-Action 5 : coordination des acteurs de territoire et de la santé en faveur du regroupement des médecins généralistes libéraux

Mesure 4 : l’hôpital vers les territoires

Fiche-Action 6 : la télémédecine dans les Maisons de Santé Pluridisciplinaires et Pôles de Santé

Fiche-Action 7 : des spécialistes mobiles dans les territoires : consultations avancées et des équipes mobiles

Mesure 5 : formations

Fiche-Action 8 : le Maître de Stage Universitaire

Fiche-Action 9 : l’accès à la formation pour les collaborateurs des médecins généralistes

Fiche-Action 10 : les médecins généralistes étrangers

Mesure 6 : guichet Unique Consolidé

Fiche-Action 11 : un accueil unique personnalisé

Axe 3 - cadre de vie et d’exercice : promouvoir la politique publique départementale sur la présence médicale

Mesure 7 : plan de communication

Fiche-Action 12 : promouvoir la boîte à outils départementale


- Le pilotage et l’animation du dispositif (Fiche-Action 13) s’appuiera sur une gouvernance partagée :

o un binôme stratégique Département/Agence Régionale de Santé,

o  un triptyque de professionnels composé d’un médecin généraliste de territoire, d’un jeune médecin généraliste nouvellement installé et d’un interne, représentant les cibles visées,

o  le comité de pilotage partenarial « Présence médicale 64 », déjà créé, validera chaque étape du processus de mise en œuvre des fiches actions et des évolutions du dispositif (stratégie),

o  la création d’une cellule de réflexion stratégique qui sera amenée à discuter autour de thématiques transversales (ex : transport à la demande, changement de pratiques, réseau numérique…). Cette cellule sera à géométrie variable en fonction des sujets traités et des compétences recherchées.

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