Opération petit-déjeuner au collège

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En 2019, le Département a décidé d’accompagner les collèges dans une démarche innovante afin de favoriser l’équilibre alimentaire des collégiens. Après un appel à projets sur cette opération, deux collèges publics ont été sélectionnés par le Département.

Les collèges Jeanne d’Albret et Clermont à Pau participent à l’opération innovante lancée par la collectivité visant à fournir, gratuitement et tous les jours, un petit-déjeuner aux collégiens au sein de leur établissement et ce, avant le début des cours (des discussions sont en cours pour étendre cette démarche au collège Albert Camus sur Bayonne).

En effet, de nombreuses études ont mis en avant que beaucoup de collégiens ne prenaient pas de petits-déjeuners le matin ou des petits-déjeuners peu équilibrés (trop de sucres notamment).

Or, ce repas est pourtant essentiel pour la journée. Véritable carburant, il permet d’être en forme intellectuellement et physiquement jusqu’au repas de midi. C’est un outil d’attention en classe et donc de réussite scolaire.

C’est, par ailleurs, un enjeu social majeur mais aussi de santé publique, les jeunes ne prenant pas de petit-déjeuner ou ayant un petit-déjeuner déséquilibré, étant plus sujet à des problèmes d’obésité, de diabète ou des maladies cardio-vasculaires, etc.

Le contexte

De l’importance du petit-déjeuner

Première source d’énergie, de vitamines et de minéraux de la journée, ce repas est pourtant en perte de vitesse au sein des familles, notamment les plus modestes. Selon le Programme National Nutrition Santé (PNNS), il est essentiel de consacrer du temps au petit-déjeuner chaque matin pour démarrer la journée en pleine forme.

Le petit-déjeuner fournit, en effet, une part essentielle des apports nutritionnels dont l’organisme a besoin chaque jour pour démarrer la journée après une longue période de jeûne pendant la nuit, en particulier chez les enfants en pleine croissance.

Chez les 11-17 ans, il contribue en moyenne à 20 % des apports journaliers en énergie. Idéalement, il se compose d’un produit céréalier (pain, tartines, etc.), d’un produit laitier (lait, yaourt, etc.), d’un fruit ou d’un jus de fruit et éventuellement d’une boisson chaude.

Un moment trop souvent négligé

Malgré ses nombreux atouts reconnus par tous, le petit-déjeuner disparaît peu à peu des habitudes. L’évolution des rythmes de vie et des comportements sociaux, et en particulier la présence de plus en plus forte des écrans chez les jeunes, grignote du temps de sommeil et réduit le temps consacré chaque matin à sa préparation (réveil, repas…).

Conséquence : aujourd’hui, un enfant sur cinq saute le petit-déjeuner au moins une fois par semaine (données des enquêtes CREDOC CCAF 2016). Or, cette absence de petit-déjeuner, premier repas de la journée, a des répercussions jusqu’au soir. On ne se rattrape pas avec les autres repas : les études montrent que les apports nutritionnels du petit-déjeuner ne sont pas compensés lors du déjeuner et du dîner.

C’est donc un manque de vitamines et minéraux pour l’organisme. La sensation de faim en milieu de matinée, particulièrement présente chez les jeunes, pousse au grignotage.

Résultat : plus d’appétit pour le déjeuner, puis un goûter sucré, pas de dîner… C’est un cercle vicieux, qui se répète jour après jour. 

Les collèges sont un lieu particulièrement légitime pour sensibiliser les adolescents (notamment issus des milieux les plus modestes) à l’importance d’un rythme alimentaire équilibré, et donc de prendre un petit-déjeuner chaque matin.

Un moment de partage

Le petit-déjeuner est aussi un moyen de transmettre des connaissances sur l’équilibre nutritionnel et le rythme alimentaire. Au-delà d’améliorer la santé et l’attention des élèves en classe, ces actions renforcent la cohésion sociale au sein de l’établissement par le partage d’un moment de plaisir et de convivialité (voir des professeurs dans un autre contexte, etc.).

Quelques chiffres :

Près de 37 % des 12-17 ans sautent le petit-déjeuner au moins une fois par semaine (CRÉDOC 2016).

Un enfant sur cinq se rend à l’école le ventre vide au moins une fois par semaine (ÉTUDE INCA 3 - 2016).

Les jeunes et les personnes en situation de précarité sont particulièrement touchés. 13 % des enfants des quartiers de l’éducation prioritaire ne prennent ainsi pas de petit-déjeuner avant de partir à l’école (CSA 2014).

Ces constats sont partagés par les infirmières scolaires au quotidien : de plus en plus de petits-déjeuners « qui sautent » le matin ou des déjeuners très sucrés et une situation encore plus délicate dans certains collèges où l’obésité et les déséquilibres alimentaires sont beaucoup plus fréquents.

Parce qu’il apporte en moyenne 20 % des apports énergétiques journaliers, il favorise la concentration, l’attention et la bonne humeur. Le petit-déjeuner est considéré par 95 % des français comme étant le premier repas de la journée apportant les nutriments essentiels et l’énergie nécessaire pour la matinée (CSA 2014).

Le contenu même du petit-déjeuner des français est de moins en moins diversifié : seuls 30 % des enfants prennent un petit-déjeuner complet (un produit laitier, un produit céréalier, un fruit et une boisson chaude ou froide).

La consommation du petit-déjeuner est de plus en plus solitaire, 57 % des adolescents le prennent seuls (CRÉDO CCAF 2016) même lorsque la famille est présente dans la maison et 25 % tout en regardant la télévision.

La démarche

Les collèges Clermont et Jeanne d’Albret de Pau ont montré un fort enthousiasme pour cette initiative. Un engagement fort des équipes de direction, des agents techniques départementaux et des communautés éducatives est nécessaire afin de permettre sa pleine réussite.

Quel horaire ?

Avant le début des cours. Il faut prévoir 30 minutes environ. Cette opération n’a pas vocation à remettre en place un goûter à 10 heures sur le temps de la récréation, qui coupe la faim des enfants pour le repas de midi mais permettre aux enfants de commencer les cours avec un petit-déjeuner équilibré afin de maintenir leur attention tout au long de la matinée.

Quel lieu ?

Au restaurant scolaire, la présence d’un salad bar est un vrai plus car l’ensemble des denrées peut y être placé le matin.

Assis ou debout ?

La prise du petit-déjeuner doit se faire assis et au calme.

Quel contenu ?

Le petit-déjeuner proposé sera équilibré :

une boisson : pour l’hydratation : eau, thé, chocolat chaud, infusion, eau de coco, etc.
un produit laitier : ces produits sont nécessaires le matin afin de limiter les effets de la dégradation nocturne des protéines de réserve et de recharger l’organisme en acides aminés. Exemple : un yaourt ou un petit morceau de fromage, fromage blanc, un bol de lait de brebis de temps en temps…
un féculent : le pain est « l’aliment roi ».Mais il pourra également être proposé des céréales complètes ou semi-complètes pour un apport de glucides à assimilation lente permettant une recharge des réserves en sucre. Elles apportent des fibres, des vitamines du groupe B, des minéraux et oligo-éléments. Exemple : pain semi-complet, pain grillé au blé complet, céréales petit-déjeuner peu sucrées, biscottes, etc. (pas de céréales « sucrées »).
un peu de beurre : les acides gras saturés, consommés le matin en petite quantité, sont autorisés car ils sont utilisés au cours de la journée comme source d’énergie et sont les supports des vitamines A et D.
un fruit entier / jus de fruit frais : pour l’hydratation, l’apport en vitamines et notamment en vitamine C. Pour le plaisir : confiture, miel. Les pâtes à tartiner trop grasses ou trop sucrées seront proscrites, sauf une fois pour une occasion spéciale ; de même pour les viennoiseries.

Les produits bios et locaux seront privilégiés !

 

Quel matériel ?

Mise en place de chauffe-laits et achat par le Département de centrifugeuses pour que les collégiens puissent faire, eux-mêmes, des jus de fruit frais de saison tous les jours ainsi que de bouilloires et de grille-pain, pour un investissement total de 3 050 euros.

Quel accueil ?

Les établissements sont ouverts aux enfants avant l’horaire actuel par un agent de la communauté éducative.

Quelle surveillance ?

La surveillance des repas s’effectue par la communauté éducative (CPE, professeur, infirmière, etc.). La proximité avec la communauté éducative permet de mettre en place des liens et dénouer certaines situations conflictuelles. Les agents techniques départementaux préparent les aliments.

Quel public ?

Tous les collégiens (demi-pensionnaires et externes) et les personnels intéressés (cela permet des échanges intéressants dans un autre contexte). Il est difficile à ce jour de prédire le nombre de personnes qui répondront favorablement à cette initiative. A ce jour, le collège Jeanne d’Albret compte 668 collégiens dont 445 demi-pensionnaires et le collège Clermont 509 collégiens dont 330 demi-pensionnaires.

Quel coût ?

Gratuit pour tous. L’estimation du coût à 1 euro par petit-déjeuner. Ce coût sera remboursé par le Département aux collèges concernés (coût zéro pour l’établissement hors mobilisation des personnels pour la préparation et la surveillance).

Quels partenariats ?


Lien avec les infirmières de la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale des Pyrénées-Atlantiques (DSDEN64), intégration aux projets nationaux du « collectif petit-déjeuner » et participation aux trophées 2019, lien avec la démarche « Manger Bio & Local, Labels et Terroir », etc.

A noter que cette mesure s’inscrit dans la continuité des annonces du Plan Pauvreté par le Président de la République qui prévoit notamment des actions concernant la mise en place de petits-déjeuners dans les écoles situées en REP.

 

 

Le Département, acteur du bien-être des élèves

Le Département assure le service public d’hébergement et de restauration scolaire dans les collèges publics dont il a la charge. Sur les 49 collèges publics des Pyrénées-Atlantiques, 41 établissements, dont trois possèdent également un internat (Pierre Emmanuel à Pau, La Citadelle à Saint-Jean- Pied-de-Port et Félix Pécaut à Salies-de-Béarn), disposent de leur propre service de restauration sous couvert du Département.

Plus de 2,6 millions de repas sont ainsi produits chaque année et consommés sur place. Les bénéficiaires de ces repas sont les collégiens et les commensaux de l’établissement bien évidemment, mais peuvent également être des usagers de structures extérieures, essentiellement des écoles primaires, dans le cadre de conventions (consommation sur place ou repas emportés).

Le Département exerce cette mission autour de quatre grands volets :

1. l’amélioration permanente de l’outil de production et le respect de l’hygiène et de la sécurité alimentaire (audit et assistance réalisés par des personnels départementaux),
2. la qualification et la formation des personnels de restauration (HACCP),
3. la qualité et l’équilibre des repas : qualité des produits et équilibre nutritionnel,
4. l’accessibilité de tous au service de restauration : par une politique tarifaire unique et une aide financière à ceux qui en ont le plus besoin.

S’agissant des enjeux qualitatifs, de l’équilibre nutritionnel et de la santé des collégiens, le Département s’est notamment engagé dans la démarche « Manger Bio&Local, Labels et Terroir » qui concerne tous les collèges publics depuis la rentrée 2016.
L’objectif est de proposer au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique et 20 % de produits d’origine sous label de qualité.

Par ailleurs, le Département soutient les démarches de labellisation « Bio » engagées par les établissements et accentue ses actions en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire.
Dans les assiettes des collégiens, la part des produits locaux atteint 22,6 % et 14,5 % de produits bios. Onze établissements sont labellisés « Etablissement Bio Engagé ». Par ailleurs, un guide de l’équilibre alimentaire, élaboré par une nutritionniste a été adressé cette année à tous les collèges publics et une campagne d’affichage sur le manger bio, local, équilibré et la lutte contre le gaspillage alimentaire a été engagée au sein des établissements.

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