Les Assises du Vélo à Hendaye

Mobilité durable, défi sportif, loisirs pour tous, économie touristique verte, santé positive, autonomie… Le vélo, véritable catalyseur social et territorial, unit à lui seul un éventail de politiques publiques.
A l’échelle locale, nationale, européenne, le vélo se pratique et s’affirme ! La pratique cyclable s’inscrit aujourd’hui dans les projets des citoyens. Les itinéraires cyclables connectent nos territoires, en milieu urbain ou rural, en montagne ou bord de mer.


Pour Jean-Jacques LASSERRE, « le Département a souhaité, à l’occasion des 10 ans de son schéma départemental cyclable, mettre en place ces premières Assises du Vélo qui s’adressent à tous pour partager connaissances et expériences innovantes (en France comme en Europe). Ces Assises sont le premier temps de concertation avec les acteurs du territoire des Pyrénées-Atlantiques pour définir ensemble les orientations et les actions du futur Plan Vélo 64. »

Les Assises, programme et objectifs

Ces Assises sont organisées en trois temps :

-  une matinée dédiée aux politiques publiques vélo à différentes échelles territoriales. Les interventions seront enrichies par la présentation d’expériences européennes qui nous permettront de visualiser l’ambition donnée aux politiques cyclables dans d’autres pays,

-  l’après-midi consacrée au vélo dans sa diversité opérationnelle : tourisme, éducation et insertion qui sont au cœur des solidarités au travers de huit présentations de projets innovants,

-  tout au long de la journée, le Marché Vélo 64 valorisant treize initiatives du territoire des Pyrénées-Atlantiques sera l’occasion de discussions croisées et de partage entre les acteurs.

Plan National Vélo, nouvelle donne pour les territoires ?

Le projet de Loi d’Orientations des Mobilités (L.O.M.) devrait être présenté à l’Assemblée nationale en septembre. Il intègre le nouveau Plan National Vélo qui concourt au développement des mobilités douces sur l’ensemble du territoire national. Ce Plan présenté à Angers le 14 septembre dernier par le Premier Ministre annonce les ambitions puisqu’il réaffirme l’objectif d’un triplement d’ici à 2024 du nombre de déplacements réalisés à vélo – soit la faire passer de 3 % aujourd’hui à 9 %.

Il permettra ainsi  de reconnaître le vélo en tant que mode actif ayant une véritable place dans la palette des modes de déplacements, en zone urbaine tout autant qu’en territoire rural.

Le « Plan vélo » prévoit également  la création d’un Fonds national « mobilités actives » qui sera doté à de 350 millions d’euros pour soutenir les projets de création d’axes cyclables dans les collectivités durant une période de 7 ans.

Pour les Départements, collectivités qui misent fortement sur l’aménagement d’itinéraires structurants, ce futur Plan National Vélo renforcera utilement leur investissement en la matière : reconnaissance de leur rôle de maître d’ouvrage et de coordination pour les grands itinéraires, appui financier…

Le vélo, levier de développement pour tous

Qui n’a pas le souvenir dans son enfance de ses premiers exploits à vélo ?

L’apprentissage du vélo est après la marche la seconde mobilité que nous apprenons. La pratique de manière générale doit cependant être entretenue. C’est en ce sens qu’un des premiers volets présenté aux Assises concerne l’Education à la pratique cyclable dès le plus jeune âge. Les initiatives éducatives sont variées : dans les écoles, les collèges mais aussi au travers des écoles du vélo associatives en milieu urbain tel que l’exemple de la Maison du Vélo à Toulouse, ou parmi les associations sportives.

Pour les enfants, cet apprentissage, plus facile pour eux, est bénéfique pour la santé, l’autonomie, la découverte. Plus largement, le réapprentissage du vélo, y compris via l’assistance électrique, permet de redécouvrir et d’élargir la pratique à un public plus large.

Ce mode de déplacement, en outre peu onéreux, mérite aussi d’être mieux connu auprès des publics fragiles. L’exemple des Fées Mobiles en milieu rural montre que le vélo peut également permettre de retrouver facilement une mobilité et de gagner en estime de soi.

Tel est le pari de l’inclusion facilitée à vélo, dont les initiatives se développent partout en France. En Pyrénées-Atlantiques, le vélo est surtout connu pour son usage loisirs et sportif. Le cyclotourisme est effectivement un véritable moteur de développement.

La France est une des toutes premières destinations mondiales du tourisme à vélo itinérant mais si une majorité de touristes nord-européens pratique l’itinérance à vélo, les Français représentent un réservoir de clientèle potentiel conséquent. De plus, un cycliste en itinérance possède un pouvoir d’achat supérieur à celui d’un touriste en séjour (65 €/j en moyenne contre 52 €/j).

Au pays du Tour de France, la réalité d’une destination vélo, au-delà de l’ascension des Cols, nécessite des itinéraires sécurisés, bien signalés, avec des hébergements adaptés et une information précise et de qualité. Voie dans laquelle le territoire des Pyrénées-Atlantiques a commencé à s’engager par le biais d’un travail collaboratif, coordonné par le Département, auquel se sont associées les collectivités locales (Communes et Intercommunalités).

Plus largement, le développement de la pratique à vélo rend les citoyens acteurs de la transition écologique attendue.

Tous ces enjeux s’inscrivent dans l’ambition souhaitée du futur Plan Vélo 64.

Situation en Pyrénées-Atlantiques : la valeur ajoutée coopération

Le premier schéma cyclable départemental Adopté en 2008, il a pour objectif de développer une activité de loisir et tourisme, pouvant ensuite se prolonger dans une pratique de déplacements quotidiens.

Côté itinéraires, il prévoit l’aménagement de quatre itinéraires cyclables de longues distances (600 km) répondant à des pratiques différentes :

- La Route des Cols des Pyrénées

- La Vélodyssée/EuroVelo 1 (itinéraire européen)

-  La Véloroute des Pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle/EuroVelo 3 (itinéraire européen)

- La Véloroute Bayonne - Perpignan (itinéraire national, nommé V81)

En dix ans, collectivités locales, Région et Europe ont aménagé ensemble 100 km de voies vertes et jalonné 400 km et ceci dans un cadre partenarial local et national.


Aux pistes cyclables d’Hendaye, Anglet, Bayonne et à la voie verte de la Nive, sont venues s’ajouter celles d’Urrugne, Ciboure, Saint-Jean-de-Luz et Bidart. Côté Béarn, la Véloroute Bayonne-Perpignan V81 a commencé à voir le jour par l’aménagement des voies vertes du Gave de Pau (d’Assat à Tarsacq), de la Plaine de Nay, de Salies-de-Béarn, des lacs de Biron et d’Orthez.

En montagne, la Route des Cols a été balisée et dix Cols ont été équipés d’un jalonnement kilométrique, avec indication de pourcentage de pente.

Certains bourgs ont aussi engagé des investissements comme Gan, Lons, Mazères-Lezons ou Briscous. Et cette liste n’est certainement pas exhaustive.

L’ensemble des Communes, Intercommunalités et Département ont engagé environ 17 M€ pour les aménagements cyclables durant la dernière décennie, en partenariat financier étroit avec l’Europe à travers les programmes régionaux ou transfrontaliers, et avec la Région Nouvelle-Aquitaine qui soutient fortement l’aménagement des grands itinéraires. Cette politique vélo a bénéficié de 8,6 M€ de financements extérieurs aux acteurs du territoire.

L’expérience européenne des Pyrénées-Atlantiques

Depuis 2008, le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques est à l’origine de trois projets européens qui ont déclenché une véritable dynamique cyclable sur l’ensemble du territoire en milieu urbain comme en milieu rural. Les deux premiers projets transfrontaliers (Circuldouce puis Ederbidea-Programme européen POCTEFA) ont été financés par les fonds FEDER à 65 %, par la Région NouvelleAquitaine et les Communes.

Ils ont permis de créer l’itinéraire littoral connu sous le nom de La Vélodyssée/EuroVelo 1 et d’assurer sa continuité entre Bayonne – Donostia et Pampelune. Chef de file, le Département coordonne l’action cyclable et construit le partenariat avec les acteurs de terrain. Grâce à cette action, le territoire départemental a bénéficié des financements extérieurs à hauteur de 6,4 M€. Autre initiative, le Département est depuis l’an dernier chef de file d’un projet transnational cyclable réunissant six pays et 18 partenaires pour faire de l’EuroVelo 1 une destination touristique d’excellence : signalisation, prestations labellisées Accueil Vélo, réseau de ville, création de produits touristiques, etc.

Nouvelle ambition départementale en perspective, s’atteler au développement de l’EuroVelo 3, dite Route des Pèlerins, traversant le Pays basque intérieur et toujours dans un intérêt de projet transfrontalier. Ce nouveau projet d’itinérance sera l’occasion, en partenariat avec le territoire, de développer les déplacements à vélo en milieu rural.

Enfin, la Véloroute Bayonne-Perpignan connue sous le nom de V81 va être l’occasion de construire une véritable dynamique pyrénéenne. Dans le département, 60 % de l’itinéraire sont d’ores et déjà aménagés le long de l’Adour et des Gaves.

N’oublions pas que l’ensemble de ces initiatives bénéficie avant tout aux habitants, premiers utilisateurs avant les touristes.

L’impact et la pratique vélo en 64 chiffres

19 hébergeurs s’intéressent aujourd’hui plus particulièrement à la clientèle vélo dans le Département à travers le label « Accueil Vélo » qui garantit des équipements, des informations et un service adapté. 310 000 passages de cyclistes enregistrés en 2017 sur 15 points de comptages répartis sur l’ensemble du département. Ce chiffre n’intègre pas la fréquentation dans les villes du département, où la pratique est donc très nettement supérieure. S’il est délicat à ce stade d’interpréter ce chiffre, il montre au moins que les cyclistes sont nombreux et qu’il faut prendre leurs besoins et leur sécurité en considération.

Une marque départementale pour le vélo en 64

Au fur et à mesure du développement des initiatives cyclables sur notre territoire, le besoin de construire un référentiel commun et une communication coordonnée devient une évidence. De ce fait, dans un souci d’information et de visibilité, le Département lance sa marque départementale.

Elle pourra être utilisée par tous et venir conforter les efforts individuels de communication, sur l’ensemble des supports. Dynamisme, modernité, convivialité, autant de valeurs à l’origine de la proposition.

L’enjeu est bien de rendre notre territoire attractif à savoir les Pyrénées-Atlantiques comme une véritable terre de vélo offrant des prestations adaptées.
 

Bouton Haut de page