Inclusion numérique : labellisation "Territoire d'actions pour un numérique inclusif"

Le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, chef de file des solidarités humaines, est l’un des Départements français moteur de l’expérimentation autour de l’inclusion numérique grâce à une démarche collective lancée il y a un an.

C’est pour cette raison que le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques reçoit Mounir MAHJOUBI, Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé du Numérique, et une étape de l’IntercoTOUR le 5 octobre. Lors de sa visite, la Charte des territoires d’actions pour un numérique inclusif sera signée entre l’Etat et le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques. Elle vient distinguer le travail engagé par l’Exécutif départemental depuis de nombreux mois et fixer des objectifs, déjà en partie atteints, pour la stratégie d’inclusion numérique du Département. L’IntercoTOUR permettra de mettre en avant les expérimentations menées par le Département, de les mettre en perspective avec celles de nos voisins et d’échanger avec des professionnels sur le sujet.

Jean-Jacques LASSERRE, Président du Conseil départemental, Président du Syndicat Mixte Ouvert La Fibre 64 :

« Accueillir l’IntercoTOUR illustre bien le projet numérique d’envergure co-construit et partagé par le Département et les EPCI du territoire à travers la création récente du Syndicat Mixte Ouvert La Fibre 64. Son ambition est de déployer le Très Haut Débit pour tous d’ici cinq ans et faire de cette infrastructure un support pour le développement inclusif des usages numériques. La venue de Mounir MAHJOUBI pour officialiser la labellisation du Département des Pyrénées-Atlantiques comme « Territoire d’actions pour un numérique inclusif » est une véritable reconnaissance de l’action du Département qui s’est saisi de cette question depuis plus de deux ans et demi en mettant en place cette dynamique partenariale. Cette labellisation nous permettra, je l’espère d’accéder aux financements annoncés le 13 septembre dernier à Nantes et de poursuivre notre engagement numérique au service des solidarités humaines et territoriales. »

Une reconnaissance nationale pour le Département et ses partenaires engagés depuis un an : la labellisation par l’Etat du Département comme « Territoire d’actions pour un numérique inclusif »

Un des objectifs de la stratégie nationale est de permettre le soutien et la montée à l’échelle des initiatives locales ainsi que la mise en réseau des porteurs de projets. Cette démarche nécessite ainsi de documenter les initiatives et les marges d’amélioration des dispositifs entrepris pour en favoriser leur duplication sur d’autres territoires. Le Secrétariat d’État souhaite ainsi renforcer la visibilité de ces dispositifs par une démarche de labellisation accompagnée par la mission Société Numérique.

A ce titre, la démarche de stratégie départementale d’inclusion numérique dans les Pyrénées-Atlantiques a été identifiée pour faire partie de la première vague de labellisation. Le Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique, Mounir MAHJOUBI, a souhaité mettre en valeur ce dispositif par la signature de la Charte entre l’Etat et le Département lors de l’événement IntercoTOUR qui se tient le 5 octobre à Pau où l’inclusion numérique a été choisie comme thème fédérateur par le territoire. Cette Charte vise à régir les modalités de coopération entre l’État et le Département dans le cadre du dispositif de « Territoire d’actions pour un numérique inclusif ».


L’article III de la « Charte des territoires d’actions pour un numérique inclusif » précise que, dans le cadre du dispositif, les territoires signataires de la Charte s’engagent à mettre en œuvre au moins deux des cinq recommandations de la stratégie nationale pour un numérique inclusif, documenter la démarche et son impact et faire des retours circonstanciés sur les outils mis à disposition à la suite de la stratégie nationale pour un numérique inclusif. Sur les cinq recommandations formulées, à la date de la présente signature, le Département des Pyrénées-Atlantiques et son réseau de partenaires réalisent quatre dispositifs et s’engagent à réaliser la totalité de ceux-ci d’ici 2021.
Les cinq recommandations, formulées dans le rapport de la stratégie nationale pour un numérique inclusif, concernées par la Charte, et dont la mise en place conditionne la réalisation de la coopération entre l’État et le Département sont les suivantes :

•  Favoriser l’appropriation des sites de démonstration des sites internet des opérateurs publics nationaux qui seront mis à disposition ; mettre en place des démonstrateurs des sites d’accès aux droits relevant des collectivités ; participer à la simplification de l’accès au droit en lien avec les services de l’Etat concernés •  Mettre en place des dispositifs de formation et d’outillage des aidants numériques et permettre le déploiement de PIX, plateforme d’évaluation des compétences numériques

•  Mettre en œuvre le déploiement du dispositif de pass numérique annoncé par le Président de la République le 18 juillet 2018

•  Participer à la mise en place du dispositif de cartographie des parties prenantes de la médiation numérique (design de service, ergonomie, structuration de la base de données et mise à jour)

•   Participer à la création et à l’animation d’une instance locale de gouvernance pour favoriser une meilleure connaissance, une coordination et une mutualisation d’outils communs entre les différents acteurs intervenant auprès des publics (travailleurs sociaux, médiateurs sociaux, médiateurs numériques, intervenants en charge de l’accueil social et médico-social, bénévoles...)

Pourquoi agir pour l’inclusion numérique ?

Si la dématérialisation va dans le sens de l’histoire, elle accroît le taux de non recours aux droits pour tout un ensemble de la population dont l’ampleur a été mal évaluée lors des premiers mouvements de dématérialisation.

Aujourd’hui, la précarité numérique est un phénomène de société que nul ne peut ignorer. En 2017, près de 40 % des français déclarent ne pas se sentir compétents pour l’utilisation d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur - étude CREDOC. D’après la mission Société Numérique :

•  13 millions de français demeurent éloignés du numérique : ils n’utilisent pas ou peu Internet, et se sentent en difficulté avec les usages

•  6,7 millions de français ne se connectent jamais à Internet et plus de 7 millions d’internautes disposent d’un faible niveau de compétences numériques et se sentent mal à l’aise dans leur utilisation d’Internet

•  76 % des français se disent prêts à adopter de nouvelles technologies mais 57 % des français non diplômés disent le contraire.

Nous sommes dans un moment charnière où la dématérialisation de nombreux services notamment publics et la diffusion rapide des technologies (data, intelligence artificielle, etc.) exigent de construire dans chaque territoire des solutions pour guider ceux qui le peuvent vers l’autonomie et de maintenir un accompagnement humain pour ceux qui en ont besoin.

L’enjeu de la transformation numérique n’est pas que technologique. Il est aussi culturel. Agir pour l’inclusion numérique c’est agir pour la montée en compétences numériques et donc la condition du développement d’une société numérique performante et humaine.

Dans un contexte de numérisation croissante des démarches et de transformation numérique des politiques publiques (télémédecine, smartcitie, télétravail, etc.), dont la diffusion et la complexification croissante renforcent chaque jour le risque d’exclusion, l’Etat et les collectivités doivent garantir à tous l’accès à leurs droits et aux services publics.

La stratégie d’inclusion numérique du Département des Pyrénées-Atlantiques

Une démarche en trois phases : le diagnostic, la co-construction des réseaux locaux, les expérimentations sur les territoires pilotes

1/ Le diagnostic

Une première étape d’évaluation de la capacité du territoire départemental, de ses acteurs publics, associatifs, opérateurs de service public, collectivités, Etat, a été menée entre octobre 2017 et février 2018.Pendant la consultation, plus de 120 structures ont participé à l’enquête en ligne. 79 % d’entre elles ont indiqué leur souhait de s’engager, aux côtés du Département, pour bâtir un réseau d’inclusion numérique à l’échelle du département.

De grands enjeux ont émergé de l’enquête :

- Des problématiques d’accès spécifiques au territoire : absence de Très Haut Débit et absence de guichet public dans certaines communes ; problématique de mobilité dans les zones de montagne

- Des risques grandissants au fil de la dématérialisation des services publics : les démarches Caf, Pôle emploi, Assurance maladie, Assurance retraite, carte grise, permis de conduire, EDF, en première ligne sur les besoins d’accompagnement. Une forte inquiétude liée à la dématérialisation totale de la déclaration de revenus en 2019

- Des publics à remobiliser : la nécessité de renforcer les capacités de détection des publics en situation d’exclusion numérique, et de mobilisation/motivation de ces derniers pour éviter le non recours

- L’émergence de tiers lieux, l’hybridation des lieux d’accueil : des espaces à repenser pour y intégrer le numérique, depuis le libre accès jusqu’à l’animation d’ateliers collectifs ou le conseil individuel - Une évolution des pratiques professionnelles à soutenir : un besoin de formation et d’outillage des professionnels aux socles numériques et/ou démarches en ligne spécifiques

- L’enjeu du cadre juridique et déontologique : comment construire un cadre entre opérateurs de services dématérialisés et acteurs de l’accompagnement, pour faire « à la place de » dans de meilleures conditions

- L’opportunité de la complémentarité : de nombreuses initiatives déjà existantes sur le territoire, un enjeu à les rendre plus visibles pour faciliter la coordination et l’orientation entre acteurs de l’accompagnement L’enquête en ligne est toujours ouverte et fréquemment enrichie par de nouveaux acteurs qui souhaitent travailler à la mise en place des réseaux locaux pour l’inclusion numérique. L’effet réseau démontre ainsi tout son potentiel ; nous sommes régulièrement contactés par des personnes ou structures que nous n’avions pas identifiées dans leur exhaustivité et qui, par le bouche à oreille des uns et des autres, témoignent de leur souhait de rejoindre la démarche compte tenu qu’ils partagent les mêmes questionnements et constats.


2/ La co-construction des réseaux locaux pour l’inclusion numérique : mars à octobre 2018

Une fois l’état des lieux réalisé et bon nombre d’acteurs identifiés, il est apparu nécessaire de poursuivre la réflexion autour de thématiques déclinées en groupe de travail :

- Atelier 1 - Rôle et positionnement des acteurs : quelles actions existantes ? quelles complémentarités ? quels besoins pour agir ? (formations, outils, équipements…)

- Atelier 2 - Sensibilisation et engagement des publics : comment détecter, informer, engager, orienter les publics ?

- Atelier 3 - Modalités d’animation du réseau : comment se coordonner ? quels outils pour le réseau ? quelle gouvernance ? quelle communication autour du réseau ?

Ces ateliers ont permis d’avancer concrètement sur la mise en œuvre des réseaux sur les territoires et de livrer des premiers « communs numériques » à l’ensemble des partenaires du réseau : un outil de diagnostic d’autonomie numérique pour l’accueil du public avec www.lesbonsclics.fr, une Charte de l’aidant et de l’aidé numérique en cours de finalisation, une cartographie des acteurs enrichie en cours de construction, des premiers outils pour les aidants autour des freins et leviers de motivation des publics.


3/ La phase opérationnelle : élaboration et mise en place des expérimentations sur les territoires pilotes

La troisième phase est l’application concrète des réflexions de l’étude et des travaux des différents groupes de travail déclinés sur les deux territoires pilotes que sont les secteurs des Services Départementaux de la Solidarité Et de l’Insertion (SDSEI) Adour BAB et Pays basque intérieur. Les acteurs de ces territoires vont mettre en œuvre l’expérimentation, mettre à disposition des outils de travail collaboratifs et enfin dresser un bilan de cette expérimentation.

Le Département et ses partenaires ont travaillé sur les expérimentations suivantes :

- Mise à disposition de wifi public au sein des SDSEI pilotes

- Accueil de deux jeunes volontaires en service civique comme « ambassadeurs numériques » dans les SDSEI pilotes qui travailleront de concert avec les jeunes en service civique recrutés pour des missions équivalentes dans d’autres structures comme la mission locale Pays basque ou la CAF64

- L’organisation d’ateliers de formation aux compétences numériques de base avec une évaluation et certification au sein de trois collèges publics expérimentaux ; les formations seront conduites par le GRETA Sud Aquitaine en partenariat avec le Département et la start-up d’Etat PIX qui testera avec nous son nouveau module appelé PIX Alpha La restitution finale de cette phase est prévue pour le printemps 2019 avant un déploiement de l’ensemble des préconisations sur l’ensemble du territoire départemental.

L’IntercoTOUR du 5 octobre 2018 : de l’inclusion numérique à l’open data : tous acteurs, tous concernés

Il s’agit de la septième étape de l’IntercoTOUR 2018. Cette rencontre vise ainsi à partager les problématiques numériques entre les territoires et valoriser la diversité des réalisations et initiatives en région, notamment à travers les auditions du Label des Territoires innovants 2018.


Les Interconnectés organisent une journée de rencontre des acteurs numériques du SudOuest, le vendredi 5 octobre, au Parlement de Navarre à Pau. Les échanges seront dédiés à la thématique « De l’inclusion numérique à l’opendata : tous acteurs, tous concernés ».

Les tables rondes et les débats exploreront la thématique à travers différents focus. Paroles d’élus, témoignages, débats et pitchs, cette journée veut permettre aux participants d’échanger sur les premières réalisations sur le territoire, d’identifier les opportunités et les pistes de déclinaisons opérationnelles.

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