Une école grandeur nature dans les terres du Conseil général

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Elles ramènent dans un tube transparent deux superbes punaises. Les élytres de l’insecte sont comme un ouvrage de marquèterie serti de motifs géométriques dorés. De leur filet à papillon, elles libèrent une piéride du navet aux ailes jaunes et noires. Elèves au lycée agricole de Saint-Pée-sur-Nivelle, les deux adolescentes préparent un bac professionnel de gestion des milieux naturels et de la faune. L’une se projette en gardienne de parc national, l’autre rêve de partir à l’étranger soigner des animaux. Un autre groupe les rejoint. Les élèves reviennent d’un point d’écoute de la faune. Ils ont identifié oiseaux et amphibiens : tritons palmés, grenouilles agiles et grenouilles rousses, pic épeiche, sitelle torchepot, épervier d’Europe. Ils ont aussi décelé des traces d’animaux : empreintes, poils, restes de repas.

Espèces recensées

Avec leur classe, tous ces jeunes participent à un chantier d’entretien de la colline de la Bergerie et à un inventaire de sa faune et de sa flore. Située sur les hauteurs de Cambo-les-Bains, cette propriété du Conseil général est l’un des 46 espaces naturels sensibles gérés dans le département. Depuis 2013, dans le cadre de conventions signées avec trois lycées et un centre de formation, un technicien de la direction de l’environnement du Conseil général accueille et encadre ces chantiers dans huit espaces naturels sensibles.

« Ces journées de travaux pratiques sont destinées à faire des élèves des experts capables d’analyser le milieu naturel », résume leur professeur de biologie et d’écologie, Michel Pagoaga. Les lycéens ont ainsi noté sur leurs carnets pas moins de 50 espèces végétales, sans compter les arbres et arbustes. Les élèves se forment également au maniement des outils et des engins de motoculture. « Nous évaluons leurs connaissances théoriques mais aussi leurs compétences physiques et techniques », complète Michel Setoan, enseignant en sciences et techniques de l’aménagement.

 

 

Plantes invasives

Espace naturel ne veut pas dire espace sauvage, et encore moins laissé à l’abandon. « Ce sont des milieux où l’homme intervient le moins possible. Mais si rien n’est fait ici, le fonctionnement naturel du milieu fait qu’il évolue vers la forêt. Une nature sous cloche s’enfriche et perd alors une part de sa biodiversité », rappelle le technicien du Conseil général.

Traversée par le chemin de randonnée GR 8 qui relie Urcuit à Sare, fréquentée par des sportifs et des curistes, la colline de la Bergerie est en proie à une plante invasive : la renouée du Japon. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’herbe de la pampa et la jussie, une espèce aquatique venue des aquariums domestiques, sont deux autres envahisseurs qui se trouvent dans le collimateur des techniciens de l’environnement.

Le chantier mené avec les élèves est l’occasion d’expérimenter des techniques pour endiguer cette prolifération nuisible aux espèces endémiques. Deux parcelles servent de test. L’une a été bâchée pendant une année, ce qui n’a pas empêché la plante de pousser, malgré l’absence de photosynthèse. Une autre surface a été recouverte de cartons, de lisier de poule, de paille et de terreau. Puis elle a été ensemencée de graines locales. Le technicien de l’environnement est optimiste. « Si ça marche, on appliquera cette technique sur les parcelles envahies. »

Le Conseil général participe à la gestion des 46 espaces naturels sensibles du département et détient des parcelles dans 15 d’entre eux. Quatre établissements ont signé une convention de partenariat avec le Conseil général pour des chantiers pédagogiques d’entretien. Il s’agit du centre de formation des apprentis agricoles (CFAA) de Hasparren et des lycées agricoles Armand-David de Hasparren, Errecart de Saint-Palais et Saint-Christophe de Saint-Pée-sur-Nivelle. Les chantiers ont lieu dans les espaces naturels sensibles de la colline de la Bergerie à Cambo, des landes d’Erretegia à Bidart, de la zone humide du Habas à Bayonne, des barthes de Munho à Urt, des barthes de l’Ardanavy à Urcuit, du bois Guilhou au Boucau, du bois d’Urdains à

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